Garantir la résilience et la continuité des activités. Entretien avec l’expert d’Ordina.

Se préparer à une pandémie n’a jamais été la priorité des entreprises belges – jusqu’à ce que le coronavirus frappe en mars 2020. « C’est différent au Japon », indique Kozue Connor. « Notre pays est tellement exposé aux catastrophes que chaque grande entreprise dispose d’un plan de continuité des activités pour faire face à tout type d’incident ». Depuis 2019, Kozue partage son savoir-faire en matière de gestion des risques et de continuité des activités avec des sociétés belges, en tant que consultante au sein de l’équipe Security & Privacy d’Ordina.

Après ses études dans la grande ville de Yokohama, au sud de Tokyo, Kozue a obtenu une maîtrise en gestion des entreprises. Pendant ses études universitaires, elle a également travaillé comme assistante à l’Institut de recherche Hamagin. « Mon professeur de psychologie y a mené des recherches sur la gestion des crises », explique Kozue. « Et cela m’a permis de découvrir le domaine de la gestion des crises et des risques ».

Gestion des risques de pandémie

Les études universitaires de Kozue lui ont ouvert les portes de Tokio Marine Nichid, une prestigieuse agence japonaise de conseil en matière de risques, où elle est devenue consultante. Kozue se souvient : « Comme cela faisait tout juste un an que la grippe mexicaine avait fait son apparition dans le monde, mon premier travail a été de rédiger un rapport sur la pandémie ». Au fil des ans, Kozue a renforcé son expertise dans la gestion des risques. En 2015, elle a publié un article détaillé à ce propos dans le Nikkei Industrial Journal, l’un des principaux journaux japonais. « La pandémie d’Ebola de 2014 a eu un impact notable sur la santé et l’économie dans certaines régions du monde », explique-t-elle. « Au lendemain de cette crise, j’ai couvert le sujet de la gestion des risques de pandémie dans le journal ».  S’appuyant sur d’abondantes recherches, l’article comporte une analyse des maladies infectieuses récentes, des conseils pour se préparer à une pandémie et aborde la façon différente de gérer la continuité des activités en cas de pandémie ou de catastrophe isolée.

Le Japon, le champion à l’épreuve des catastrophes

« Le Japon est particulièrement vulnérable aux catastrophes naturelles comme les typhons, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre et les tsunamis », ajoute Kozue. « Un an seulement après avoir rejoint Tokio Marine Nichid, le tsunami de 2011 et la catastrophe nucléaire qui en a découlé ont frappé le Japon. Cela a été un véritable choc pour notre pays. Malgré les effets dévastateurs, les entreprises ont toutefois réussi à rebondir assez vite, grâce à l’expérience de notre pays en matière de gestion des catastrophes. La prévention des catastrophes est une science au Japon : en plus de rendre nos infrastructures clés plus résistantes aux catastrophes naturelles, nos autorités investissent également largement dans les communications et le redressement rapide. De leur côté, les grandes entreprises mettent toutes en place des plans de continuité des activités ».

La prévention des catastrophes est une science au Japon. Les grandes entreprises mettent toutes en place des plans de continuité des activités

Gestion de la continuité des activités : les principes de base

La gestion de la continuité des activités consiste à classer les activités commerciales par ordre de priorité et à assurer la continuité des principales activités. « Il faut d’abord comprendre la façon dont une catastrophe est susceptible d’affecter vos activités, vos revenus, vos clients et vos travailleurs. Ensuite, vous devez décider ce dont vous avez besoin pour poursuivre vos activités ou les relancer, et limiter le plus possible les perturbations. Cela implique aussi d’identifier les opérations vitales et une série d’événements imprévus, ainsi que de définir avec précision les différents rôles et responsabilités. Après coup, vient la rédaction des plans de continuité, leur test et leur révision régulière », explique Kozue.

La gestion de la continuité des activités consiste à anticiper les crises susceptibles d’affecter une entreprise et à les planifier.

Renforcer l’expertise en matière de gestion des risques

En 2017, Kozue a suivi son mari en Belgique. Il avait en effet accepté un nouvel emploi et elle a ainsi emporté avec elle son expérience de la gestion des crises et de la continuité des activités. Elle a commencé à étudier le français et a obtenu un certificat en sécurité informatique avancée à l’université de Stanford.  À l’été 2019, elle a rejoint notre équipe Security & Privacy : « Les catastrophes peuvent prendre de nombreuses formes et une cyberattaque est certainement l’une d’entre elles. J’ai assisté au programme de sécurité informatique à l’université de Stanford parce que la cybersécurité est clairement liée à la gestion des risques et de la continuité des activités. C’est pourquoi je répondais parfaitement à la description de fonction d’Ordina. Notre premier contact a été ouvert, chaleureux et sympathique et c’est ainsi que je ressens cette entreprise depuis que j’y travaille. Ordina prend vraiment bien soin de son personnel et l’aide à évoluer ».

La continuité des activités chez AXA Banque

AXA Banque a été la première à s’appuyer sur le savoir-faire de Kozue qui explique : « AXA attache une grande importance à la continuité des activités. Ils ont fait appel à nous pour améliorer leur approche de gestion de la continuité des activités, afin de s’assurer qu’elle s’inscrit dans le cadre de leurs directives strictes en matière de gouvernance. Plus précisément, je les ai aidés à améliorer la qualité des évaluations, comme les analyses d’impact sur les activités et les évaluations des risques de continuité des activités, qu’ils utilisent pour la planification ».

Reprise après une catastrophe informatique chez PepsiCo

Depuis avril 2020, Kozue aide PepsiCo dans la gestion des applications. Elle assure les contrôles de sécurité, notamment la reprise après un sinistre et la gestion des risques liés au portefeuille d’applications, en collaboration avec ses collègues de différents pays.

Plus de femmes, moins de pression au travail

Lorsqu’elle repense à sa première année de travail en Belgique, Kozue est enthousiaste. « Même si je suis la seule Japonaise chez Ordina, je m’y sens bien. L’équipe de notre unité opérationnelle Security & Privacy est très diversifiée, composée de personnes en provenance de différents pays. Et je dois bien l’admettre : j’apprécie la vie de bureau en Belgique. En plus, de nombreuses femmes occupent des postes de consultance et de direction ici en Belgique. J’ai également été surprise par le fait que l’on puisse porter des tenues décontractées et les journées de travail plus courtes. Les journées des Japonais sont insensées. C’est pourquoi tant de femmes ayant des enfants restent à la maison. Je suis ravie de pouvoir combiner travail et famille. J’adore m’occuper des enfants, mais il est tout aussi stimulant d’assister les entreprises à évaluer les risques qu’elles encourent et, par conséquent, de les aider à rebondir après n’importe quelle catastrophe à laquelle elles sont confrontées ».

En Belgique, bien plus de femmes occupent des postes de consultance et de direction. Tout le monde porte ici des tenues décontractées et les journées de travail sont plus courtes .

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Kozue Connor
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